Niamey, 18 septembre 2026 — Les responsables des instances de régulation des médias du Niger, du Mali et du Burkina Faso se réunissent à Niamey, les 17 et 18 septembre 2026, pour jeter les bases d’une plateforme commune. À travers cette initiative, les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) entendent renforcer leur coopération, développer des mécanismes de lutte contre la désinformation et adapter la régulation aux transformations de l’environnement numérique. La rencontre doit également permettre de définir les instruments de fonctionnement de cette future plateforme et ses priorités pour la période 2026-2028.
Une conférence constitutive consacrée à la souveraineté informationnelle
La conférence constitutive de la plateforme des régulateurs des médias et de la communication de l’espace AES s’est ouverte le jeudi 17 septembre 2026 à Niamey. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Mashoul Abdoul Nasser, secrétaire général du ministère nigérien de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’information. Initiée par l’Observatoire national de la communication (ONC) du Niger, la rencontre réunit les responsables des institutions de régulation des trois États.
Les travaux se déroulent sous le thème « La souveraineté informationnelle des États de l’AES : enjeux, défis et stratégie commune de lutte contre la désinformation ». Les intervenants ont évoqué la circulation accélérée des contenus sur les réseaux sociaux, les plateformes numériques et les outils d’intelligence artificielle.
Les autorités souhaitent mettre en place une coopération institutionnelle durable, au-delà des échanges ponctuels entre régulateurs. Les mécanismes envisagés restent toutefois des objectifs de travail : leur adoption et leur mise en œuvre devront être établies à la lumière des conclusions de la conférence.
Créer une plateforme commune des régulateurs des médias de l’AES
La création d’un cadre permanent de concertation est le principal objectif institutionnel de la rencontre. Cette plateforme doit réunir l’ONC du Niger, la Haute Autorité de la communication (HAC) du Mali et le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso. Elle vise à faciliter le partage d’expériences, la mutualisation des compétences et des échanges rapides sur les menaces informationnelles concernant l’espace commun.
À l’ouverture, Mashoul Abdoul Nasser a plaidé pour un outil opérationnel plutôt que pour une structure supplémentaire. Cette orientation suppose de préciser les modalités de fonctionnement, les responsabilités des institutions participantes et les moyens affectés aux initiatives communes. Chaque organisme conserverait ses compétences nationales, tandis que le nouveau cadre faciliterait la concertation sur des enjeux transfrontaliers.
Renforcer la lutte contre la désinformation et la vérification des faits
La lutte contre la désinformation constitue l’un des principaux chantiers annoncés. Les participants envisagent un mécanisme commun de veille et d’alerte informationnelle, destiné à améliorer les échanges lorsqu’un même contenu trompeur circule dans plusieurs pays. La coopération en matière de vérification des faits doit aussi être renforcée.
Le président de l’ONC, Ibrahim Manzo Diallo, a mis l’accent sur le recoupement des sources, l’authentification des images et des vidéos ainsi que la diffusion de rectifications accessibles au public. Ces pratiques sont particulièrement importantes dans un environnement où des publications peuvent traverser les frontières en quelques instants. Les modalités techniques, le financement et le calendrier du dispositif de veille demeurent à préciser.
Les interventions officielles ont aussi fait état de préoccupations liées aux campagnes coordonnées d’influence, aux usurpations numériques et aux contenus artificiellement générés. Il s’agit ici des enjeux identifiés par les participants et non de conclusions établissant l’existence d’une campagne particulière.
Former les professionnels des médias aux défis numériques
La formation des régulateurs et des professionnels des médias représente un autre objectif central. L’essor de l’intelligence artificielle et la multiplication des plateformes modifient les conditions dans lesquelles l’information est produite, diffusée et reçue. Les institutions souhaitent donc développer des programmes conjoints adaptés aux évolutions technologiques, aux enjeux éthiques et au traitement de sujets sensibles.
Les actions évoquées portent notamment sur la vérification des faits, l’authentification des contenus audiovisuels et l’utilisation responsable des technologies numériques. La mutualisation des expertises pourrait permettre aux trois autorités de proposer des formations communes et d’améliorer leurs capacités d’analyse. Pour les journalistes, ces compétences concernent directement la fiabilité des informations diffusées au public.
Rapprocher progressivement les cadres juridiques et réglementaires
Les régulateurs souhaitent également examiner les domaines dans lesquels les cadres nationaux peuvent converger. L’objectif annoncé est de mieux répondre aux transformations de l’écosystème numérique, notamment à la place prise par les médias en ligne, les réseaux sociaux et les nouvelles formes de communication.
Le secrétaire général du ministère nigérien a rappelé l’adoption récente d’une ordonnance relative à la presse électronique au Niger. Le compte rendu de l’ANP évoque une convergence progressive des cadres juridiques et réglementaires, et non l’adoption immédiate d’une réglementation unique pour les trois États. Le président de l’ONC a, pour sa part, souligné l’importance de protéger les citoyens et de garantir un espace de communication libre, pluraliste et responsable.
Une charte, un règlement intérieur et un plan d’action 2026-2028
La conférence doit donner forme à la coopération à travers trois instruments. Une charte commune devrait définir la vision partagée, les objectifs et les principes de collaboration. Un règlement intérieur aurait pour fonction d’établir les modalités de fonctionnement de la plateforme. Enfin, un plan d’action 2026-2028 doit préciser les priorités, les responsabilités, les échéances et les moyens nécessaires à leur réalisation.
La portée opérationnelle de la plateforme dépendra du contenu final de ces documents et des engagements qui seront effectivement retenus. À l’ouverture de la réunion, leur adoption définitive n’était pas encore établie dans le compte rendu consulté.
Le Mali et le Burkina Faso associés aux travaux de Niamey
Le président de la HAC du Mali, Coulibaly Gaoussou, et celui du CSC du Burkina Faso, Wendingoudi Louis Ouédraogo, ont pris la parole à la cérémonie d’ouverture. D’après l’ANP, ils ont souligné l’importance de l’initiative portée par l’ONC et réaffirmé leur engagement en faveur du partage d’informations et de la coopération contre la désinformation.
Les travaux sont programmés jusqu’au vendredi 18 septembre 2026. Les éventuels textes adoptés et le communiqué de clôture permettront de distinguer les engagements définitifs des orientations présentées à l’ouverture. La rencontre constitue, à ce stade, une étape vers un cadre commun de coopération entre les régulateurs des médias de l’AES.



très bonne initiative