Niger : ce que prévoit le projet de nouveau Code du Sabre national Kokowa

Rectificatif du 16 octobre 2026 : Cet article présentait initialement ce code comme adopté. Il s’agit en réalité d’un projet en attente d’adoption par les autorités compétentes. Les dispositions décrites ci-dessous restent proposées et ne sont pas, à ce titre, entrées en vigueur.

Le Niger examine un projet de nouveau Code du Sabre national Kokowa, issu des travaux de relecture engagés en 2026. Ce projet propose de revoir notamment la formule de compétition, les conditions de participation des lutteurs, les transferts, la durée des combats, le régime des sanctions, les procédures de réclamation et le recours à la vidéo. Le document précise que cette révision intervient à la suite du changement de la formule de compétition. Combat de lutte traditionnelle lors du dernier Sabre national Kokowa au Niger

Une phase finale à 80 lutteurs

L’une des principales dispositions du projet de nouveau Code concerne l’organisation de la compétition. Le projet prévoit de mettre en lice 80 lutteurs, avec dix représentants par équipe régionale. Chaque délégation comprend dix lutteurs titulaires, auxquels s’ajoutent les responsables administratifs, techniques, médicaux et traditionnels prévus par le règlement. Le projet organise la compétition en deux étapes : une phase préliminaire et une phase finale. La première comprend les éliminatoires communales, départementales et régionales. La seconde réunit les 80 lutteurs qualifiés dans une formule à élimination directe. Lors de la première journée, les combattants sont répartis par tirage au sort entre les rencontres du matin et celles de l’après-midi. Quarante lutteurs restent en compétition après ce premier tour. Leur nombre passe ensuite à 20 au deuxième tour, puis à 10 au troisième. La quatrième journée conduit aux quarts de finale, tandis que les demi-finales, le combat de classement et la finale sont prévus lors de la cinquième journée. Le tirage au sort des combats doit être organisé chaque jour avant le début des rencontres.

Des combats en deux périodes de cinq minutes

Le projet de code précise également la durée des combats. Selon le projet, chaque rencontre se déroulerait en deux périodes de cinq minutes, séparées par une pause de deux minutes. Lorsque les deux lutteurs restent à égalité à l’issue du temps réglementaire, une prolongation de cinq minutes est accordée. Le texte prévoit qu’un vainqueur doit nécessairement être désigné à la fin de cette période supplémentaire. Les avertissements déjà enregistrés restent valables pendant cette phase. La finale bénéficie d’un régime particulier. Elle se dispute par séquences de dix minutes, séparées par deux minutes de pause, jusqu’à l’obtention d’une victoire. Le projet de code précise qu’aucun avertissement n’est appliqué à ce stade.

Des conditions renforcées pour participer

Selon le projet, pour être admis au Sabre national, un lutteur devrait être âgé d’au moins 18 ans révolus, figurer sur la liste d’engagement de sa délégation et ne pas être sous le coup d’une suspension ou d’une radiation. Il doit également fournir plusieurs documents : un certificat de nationalité nigérienne, une carte nationale d’identité ou un passeport en cours de validité, une licence sportive délivrée par la Fédération nigérienne de luttes ainsi qu’un certificat médical datant de moins de trois mois. Ces pièces doivent être transmises à la FENI-LUTTES au moins sept jours avant l’ouverture du Sabre national. Les délégations doivent par ailleurs s’acquitter de 50 000 FCFA pour l’inscription de l’équipe et de 100 000 FCFA au titre des frais de participation.

Les transferts de lutteurs mieux encadrés

Le projet de code fixe également les règles applicables aux transferts entre ligues. Un lutteur dispose d’une période de trois mois à compter de la fin du dernier Sabre national pour changer de ligue sans autorisation préalable. Au-delà de ce délai, le transfert est conditionné à l’accord de la ligue d’origine. Le texte prévoit cependant une possibilité supplémentaire après les éliminatoires régionales : les lutteurs qui n’ont pas été sélectionnés par leur région peuvent rejoindre les équipes d’autres régions. Cette disposition peut notamment élargir les possibilités de participation à la phase finale pour des lutteurs écartés de la sélection initiale de leur région.

Un régime disciplinaire détaillé

Le projet de code définit une longue liste d’actes interdits pendant les combats : étranglement, torsions de certaines articulations, morsures, coups de poing ou de pied, coups de tête ou de genou, saisie des parties génitales, jet volontaire de sable au visage ou encore arrachement des gris-gris de l’adversaire. Le régime disciplinaire repose notamment sur les avertissements, la disqualification, la suspension et la radiation. Le projet prévoit que trois avertissements entraîneraient la disqualification du lutteur. Toutefois, certaines fautes graves peuvent conduire directement à cette sanction, notamment l’étranglement, la morsure, le crachat sur l’adversaire, le jet de sable au visage, un coup de poing délibéré ou la saisie des parties génitales. Le lutteur disqualifié ne peut plus poursuivre la compétition.

Un an de suspension pour une victoire volontairement cédée

Le texte prévoit une sanction particulière lorsqu’un lutteur donne volontairement la victoire à son adversaire avant le combat. Dans ce cas, il serait suspendu des compétitions nationales et internationales pendant un an et ne peut participer au Sabre national suivant. La suspension est également prévue en cas d’agression physique contre un adversaire, un officiel ou un dirigeant, ainsi qu’en cas de recours à des substances ou méthodes interdites par le Code mondial antidopage. La radiation peut intervenir après trois suspensions, en cas d’acte susceptible de menacer la cohésion sociale et l’unité nationale ou en cas d’agression physique aggravée.

100 000 FCFA pour déposer une réclamation

Le projet de code distingue la réserve, qui concerne la qualification d’un lutteur avant une rencontre, et la réclamation, portant sur l’application des règles pendant un combat. Ces démarches doivent être présentées par écrit par l’entraîneur concerné et consignées sur la feuille de rencontre. Pour être recevables, elles doivent être accompagnées d’une caution non remboursable de 100 000 FCFA.

Le projet prévoit la possibilité d’utiliser la vidéo à trancher une contestation

Un jury composé de cinq membres est chargé d’examiner les réserves et les réclamations transmises par la table technique. En cas de nécessité, il peut recourir à la vidéo du télédiffuseur officiel. Les membres rendent leurs avis par écrit avant la synthèse du président du jury. Le verdict est ensuite rendu public. La décision du jury est sans appel. Cette disposition donnerait ainsi aux images officielles de la compétition une place dans le règlement des contestations techniques.

Santé des lutteurs : médecin, secouristes et ambulance prévus

Le dispositif médical est également encadré. Le médecin présent dans l’arène doit notamment s’assurer de la présence de secouristes et d’au moins une ambulance. Il examine les lutteurs blessés et se prononce sur leur capacité à poursuivre le combat. Il dispose normalement de deux minutes pour prendre sa décision. L’arbitre peut lui accorder une minute supplémentaire lorsque la situation clinique le nécessite. Si des examens complémentaires sont indispensables et ne peuvent être réalisés dans le délai prévu, le combat est arrêté afin de privilégier la santé du lutteur, qui est alors déclaré forfait. La décision médicale est sans appel pour l’entraîneur.

Le Sarki conserve le sabre et le cheval parmi ses récompenses

Le projet de code maintient également un dispositif de récompenses pour les différentes étapes de la compétition. Les lutteurs éliminés à plusieurs tours doivent recevoir des primes de participation. Le troisième et le quatrième du classement reçoivent chacun une enveloppe. Le « Dan Galadima » reçoit une enveloppe, un trophée et une tenue traditionnelle. Le Sarki, ou Roi des arènes, reçoit pour sa part un sabre, un cheval harnaché, une tenue traditionnelle et une enveloppe. Les montants des enveloppes ne sont toutefois pas indiqués dans le Code.

Un règlement qui associe sport et patrimoine culturel

Au-delà des règles techniques, le nouveau Code réaffirme la dimension culturelle du Kokowa. Il présente le Sabre national comme un instrument de valorisation du patrimoine, de cohésion sociale et d’identité culturelle. Parmi les objectifs assignés à la compétition figurent notamment la promotion du patriotisme, de la solidarité, de la paix, du fair-play, des valeurs culturelles nigériennes, mais aussi la professionnalisation des lutteurs et une meilleure intégration du Sabre national dans le tissu socio-économique du pays. Le dispositif réglementaire proposé cherche ainsi à faire évoluer l’organisation sportive de la lutte traditionnelle tout en maintenant les rituels, les tenues, les griots et les autres composantes culturelles qui accompagnent historiquement le Kokowa.

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