Bassin de la Volta : le Mali prend la présidence d’une ABV en quête de relance

Le Mali assurera pendant deux ans la présidence du Conseil des ministres de l’Autorité du bassin de la Volta. Cette transition intervient alors que l’organisation doit apurer ses dettes, rétablir un fonctionnement statutaire régulier et mobiliser les ressources nécessaires à ses projets communs.

Le Mali a pris la présidence du Conseil des ministres de l’Autorité du bassin de la Volta (ABV) à l’issue de la huitième session ordinaire, tenue le 16 octobre 2026 à Bamako. Selon le compte rendu publié par l’Agence malienne de presse, ce mandat doit durer deux ans.

Participants à la session du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin de la Volta à Bamako

La session a réuni les représentants du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali et du Togo. Ces six pays partagent le bassin de la Volta et ont créé l’ABV pour organiser leur coopération autour de l’eau, des infrastructures communes et du développement durable.

Deux budgets adoptés, mais des ressources à sécuriser

D’après le communiqué final rapporté par l’AMAP, le Conseil a approuvé un budget de 3,037 milliards de francs CFA pour 2026 et de 2,575 milliards pour 2027. Ces montants correspondent à des budgets adoptés. Les informations disponibles ne permettent pas encore de connaître leur ventilation, leur taux de financement ou les ressources effectivement mobilisées.

Les ministres ont également demandé à la direction exécutive de préparer, avant le 31 décembre 2026, un plan échelonné d’apurement des dettes de l’institution. Le montant total de ces dettes et leur répartition ne figurent pas dans les documents accessibles consultés par Œil du Sahel.

Un second compte rendu de l’AMAP fait état de difficultés opérationnelles et de paiements irréguliers des salaires, selon le directeur exécutif de l’ABV, Robert Y. Dessouassi. Celui-ci a appelé les États membres à renforcer leurs contributions financières.

Le compte rendu du communiqué final indique aussi que les États doivent régler leurs contributions au budget de fonctionnement et apurer leurs arriérés. Il mentionne une échéance au 30 avril, mais l’année de référence devra être précisée à partir du document original.

Une gouvernance à renouveler

Le Conseil a retenu un principe de rotation pour les prochains responsables de l’organisation. La présidence du Conseil revient au Mali, tandis que la Côte d’Ivoire doit proposer le prochain directeur exécutif et le Togo son adjoint, selon l’AMAP.

Les mandats des responsables actuels sont prolongés jusqu’au 31 mars 2027 pour assurer la transition. Une nouvelle grille salariale et le recrutement de sept agents prioritaires sont annoncés à partir du 1er janvier 2028, sous réserve de la disponibilité des ressources financières.

Les ministres ont par ailleurs examiné les rapports techniques et financiers de 2019 et 2020. Ils ont pris acte des rapports couvrant les exercices 2021 à 2025 ainsi que des audits correspondants. Ces documents n’étaient pas accessibles dans les sources consultées, ce qui ne permet pas d’en apprécier les conclusions.

La huitième session marque aussi un retour au fonctionnement statutaire après plusieurs années d’interruption. Selon l’AMAP, la précédente session ordinaire s’était tenue le 10 mai 2019 à Accra, alors que ces réunions sont normalement prévues tous les deux ans.

Des décisions attendues sur l’eau et le climat

Sur son site institutionnel, l’ABV présente le bassin comme un espace de plus de 398 000 kilomètres carrés, essentiel à l’agriculture, à l’élevage, à la pêche et à la production d’énergie. Elle reconnaît cependant des difficultés financières, des retards de contributions et des pressions croissantes liées au changement climatique.

Le Conseil a demandé d’accélérer les études du barrage de Noumbiel, de préparer un plan de mobilisation des ressources et d’actualiser les plans stratégique et opérationnel. Il a aussi invité les ministres de tutelle à engager le processus d’adoption de la Charte de l’eau par les chefs d’État.

Ces décisions fixent un programme de travail, mais ne constituent pas encore des réalisations. Leur mise en œuvre dépendra notamment du paiement des contributions, de l’apurement des arriérés et de la mobilisation de financements. Une session extraordinaire est annoncée au Togo avant le 30 juin 2027, avant une neuvième session ordinaire prévue au Ghana en octobre 2027.

Oeil du Sahel Newsletter

Inscrivez-vous pour accéder à notre Newsletter

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

NOUVEAU
Œil du Sahel est maintenant sur votre téléphone
Téléchargez l’application officielle sur Android ou installez la version web sur votre iPhone.
CHOISIR MON INSTALLATION

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut