Médias
Les autorités de régulation des médias du Niger et de l’Algérie veulent formaliser leur coopération sur la veille audiovisuelle et numérique, la formation et la lutte contre la désinformation. Aucun accord signé n’a encore été publié : un groupe de travail doit élaborer le projet et son programme de mise en œuvre.
L’Observatoire national de la communication du Niger et l’Autorité nationale indépendante de régulation de l’audiovisuel d’Algérie préparent un accord destiné à encadrer leur coopération. Le projet a été annoncé après une visite en Algérie d’une délégation nigérienne conduite par le président de l’ONC, Ibrahim Manzo Diallo, du 20 au 24 octobre 2026.
L’Agence nigérienne de presse indique que les deux institutions sont « en voie de conclure » un accord. Cette formulation signifie que le partenariat n’est pas encore finalisé. L’Algérie Presse Service confirme la visite et la volonté affichée par les deux régulateurs de bâtir une coopération bilatérale dans le domaine des médias.
Veille, réglementation et formation parmi les axes envisagés
Selon le compte rendu de l’ANP, le futur accord doit porter sur l’échange d’expériences en matière de législation des médias et d’application des textes réglementaires. Les deux institutions envisagent aussi de renforcer leurs capacités techniques de veille et de régulation, ainsi que le suivi de l’espace audiovisuel, numérique et multimédia.
La lutte contre la désinformation et les fausses informations figure parmi les axes annoncés. Le programme évoque également la formation de journalistes, de techniciens et d’agents, des missions d’échange et le développement des relations entre médias nigériens et algériens.
Ces objectifs restent des intentions institutionnelles. Aucun dispositif opérationnel commun, budget, calendrier détaillé ou obligation contraignante n’est documenté à ce stade. Les notions de « contenus nuisibles », d’« infractions à dimension régionale » et de « désinformation » proviennent du communiqué rapporté par l’ANP et doivent rester attribuées aux institutions.
Un groupe de travail doit encore rédiger le projet
Les deux régulateurs annoncent la constitution future d’un groupe de travail conjoint chargé d’élaborer le projet d’accord et son programme de mise en œuvre. Chaque institution doit aussi désigner un point focal permanent pour suivre les engagements et coordonner les échanges.
Une visite d’une délégation de l’ANIRA à Niamey est envisagée, sans date précise publiée. Les deux responsables ont par ailleurs exprimé l’ambition d’élargir la coopération à d’autres autorités africaines et de favoriser un réseau continental de régulation audiovisuelle. Là encore, aucun réseau nouveau n’est présenté comme déjà constitué.
Des garanties encore inconnues
Le compte rendu affirme que la démarche doit respecter la liberté d’expression et d’opinion. Mais le texte du futur accord n’est pas disponible. Il n’est donc pas possible d’évaluer ses définitions juridiques, l’étendue des informations susceptibles d’être partagées, les règles de conservation des données ou les mécanismes de recours.
Ces questions sont centrales dès lors que la coopération envisagée porte sur le suivi transfrontalier de contenus. Le projet devra préciser les compétences de chaque autorité, les procédures contradictoires et les garanties applicables aux médias, journalistes, plateformes et usagers.
À ce stade, le fait établi est l’ouverture d’un processus de coopération et l’annonce d’un futur accord. Sa signature, son entrée en vigueur et ses effets concrets restent à documenter. Toute évaluation de son efficacité ou de son impact sur les libertés serait prématurée sans le texte définitif.


