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Diplomatie : Bassirou Diomaye Faye à Bamako pour renouer le dialogue entre la CEDEAO et l’AES

Pour son premier déplacement officiel en tant que président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Bassirou Diomaye Faye s’est rendu au Mali. Reçu au palais présidentiel par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, le chef de l’État sénégalais s’emploie à rétablir les canaux de discussion entre l’organisation sous-régionale et l’Alliance des États du Sahel (AES), dans un contexte marqué par de fortes tensions politiques et sécuritaires. Une visite de solidarité et de coopération sécuritaireAu cours des échanges à Bamako, les deux dirigeants ont abordé la sécurité régionale et la coopération bilatérale. S’exprimant devant la presse aux côtés du général Goïta, Bassirou Diomaye Faye a tenu à adresser ses condoléances au peuple malien à la suite de récentes attaques terroristes meurtrières ciblées contre les forces armées. Le président sénégalais a condamné ces actes violents, saluant les sacrifices consentis par l’armée malienne pour la stabilité du territoire. Face à une menace terroriste s’affranchissant des frontières, il a rappelé la nécessité d’une réponse collective, mettant en avant les liens d’histoire, de culture et de bon voisinage qui unissent le Sénégal et le Mali. Les discussions ont également porté sur le renforcement du partenariat économique et des infrastructures partagées, notamment dans le cadre de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le chef de l’État sénégalais a évoqué l’opportunité de réunir prochainement les dirigeants de la région pour dynamiser l’intégration économique et la gestion des ressources communes. L’ombre de la rupture entre l’AES et la CEDEAOCe déplacement survient alors que l’Afrique de l’Ouest affronte une crise institutionnelle sans précédent. Réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officialisé leur retrait de la CEDEAO. Les trois pays reprochent à l’organisation ouest-africaine la rigueur des sanctions économiques appliquées après les transitions militaires, ainsi qu’une grille de lecture jugée en décalage avec les réalités sécuritaires du Sahel. Récemment porté à la présidence tournante de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye hérite de la tâche complexe d’apaiser les relations. Sa position à la tête du Sénégal lui offre un rôle particulier : attaché aux principes de souveraineté tout en demeurant un pilier de l’intégration régionale, il conserve la confiance des autorités de transition de l’AES. Pour Dakar, les enjeux sont concrets. Le corridor commercial Bamako-Dakar demeure essentiel pour l’approvisionnement du Mali et l’activité du port autonome de Dakar. La détérioration des relations communautaires fait peser des incertitudes sur la libre circulation des biens et des personnes dans la sous-région. Les perspectives d’un dialogue renouveléTout au long de sa déclaration, Bassirou Diomaye Faye a privilégié le registre de la fraternité et de la recherche de convergences. L’objectif consiste à maintenir des passerelles diplomatiques opérationnelles afin d’éviter un blocage durable entre les blocs régionaux. Même si les pays de l’AES réaffirment leur intention de consolider leur propre alliance, les échanges de Bamako traduisent le maintien d’un espace de discussion sur les questions sécuritaires et économiques d’intérêt commun. La suite du processus dépendra de la capacité des acteurs régionaux à concilier les exigences institutionnelles de la CEDEAO et les priorités sécuritaires affirmées par les États du Sahel.

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Niger, Trois Ans de Transition : Entre Souveraineté Retrouvée et l’Épreuve du Quotidien

​Le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie franchit le cap de ses trois ans d’exercice du pouvoir à la tête du Niger. À cette occasion, le Chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, s’est exprimé lors d’un entretien consacré à la trajectoire politique, sécuritaire et économique du pays. Cet état des lieux expose la volonté des autorités de transition de rompre avec l’ordre antérieur tout en mesurant les difficultés concrètes qui pèsent sur les ménages au quotidien. Le premier volet de la refondation concerne la défense de la souveraineté nationale et la réappropriation des choix stratégiques. Depuis le 26 juillet 2023, le pouvoir met en avant une mobilisation générale face aux pressions extérieures subies par le pays. Le Président a salué la résilience de la population, qualifiée d’acteur central d’une lutte menée pour la dignité, la survie et l’indépendance institutionnelle. Cette dynamique s’accompagne d’une rupture assumée avec les schémas géopolitiques passés, matérialisée par l’ancrage du pays au sein de l’Alliance des États du Sahel. ​Sur le plan sécuritaire, les autorités refusent une lecture simpliste des violences armées. Le Président tisse un lien direct entre l’instabilité observée sur le terrain et les stratégies menées par des acteurs extérieurs. L’objectif affiché consiste à identifier les commanditaires de la crise plutôt que de se limiter à la gestion visible des groupes armés. Malgré les crises énergétiques et logistiques traversées depuis le début de la transition, la préservation de l’intégrité de l’État et le maintien de la continuité institutionnelle constituent les principaux acquis mis en avant par l’exécutif. ​Cependant, les avancées diplomatiques et politiques coexistent avec des tensions socio-économiques durables. Le coût de la vie demeure la préoccupation centrale des citoyens. Les marchés urbains font face à des tensions récurrentes sur les prix de plusieurs produits essentiels, au premier rang desquels figurent le ciment, le gaz domestique et les denrées alimentaires. ​Le secteur du bâtiment subit les répercussions directes des fluctuations du ciment. Matériau indispensable pour la construction et l’accès au logement, son approvisionnement reste perturbé par des pratiques spéculatives. Malgré l’instauration de mesures d’encadrement par le gouvernement et des opérations de vente visant à stabiliser la tonne entre 51 000 et 60 000 francs CFA, la rétention de stocks par certains intermédiaires économiques complique l’accès au produit pour les usagers. ​L’accès aux sources d’énergie domestique illustre également la persistance des difficultés d’approvisionnement. Le gaz et les combustibles pèsent sur le budget des ménages, en dépit des efforts officiels de régulation des prix des hydrocarbures sur le marché national. ​La situation de l’alimentation renforce ce constat. Malgré une tendance générale à la désinflation relevée par les services statistiques, certains postes de consommation de base, notamment la viande fraîche et les produits d’élevage, affichent des hausses tarifaires. Cette situation pèse sur le panier des ménages et traduit la vulnérabilité des filières de production face aux chocs climatiques et aux contraintes logistiques du moment. ​Au terme de cette période, le bilan dressé par la présidence met en relief la consolidation de l’indépendance institutionnelle et la résistance de l’appareil d’État face à l’adversité régionale et internationale. La concrétisation des objectifs de la refondation reste toutefois subordonnée à l’amélioration des conditions d’existence des populations. La maîtrise effective de l’inflation et la régulation stricte des filières de distribution des denrées et matériaux de première nécessité s’imposent aux autorités comme des impératifs sociaux immédiats pour maintenir la cohésion nationale.

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Washington examine des options militaires au Mali face à la persistance du péril terroriste et à l’influence russe

L’administration américaine étudie activement des options militaires concernant le Mali selon le Washington Post. Des discussions internes se déroulent au sein de Washington pour envisager des frappes ciblées contre le groupe Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Cette réflexion stratégique témoigne d’une inflexibilité de la politique sécuritaire américaine face à l’expansion des réseaux extrémistes en Afrique de l’Ouest, malgré les complexités diplomatiques locales.

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