NIGER — RÉAMÉNAGEMENT DU GOUVERNEMENT

Le remaniement au Niger annoncé mardi 15 septembre 2026 par le président Abdourahamane Tiani concerne quatre ministères. L’Agriculture et l’Élevage, la Refondation, l’Énergie ainsi que la Communication changent de titulaires. Deux officiers et deux civils sont nommés à la tête de ces départements, alors que plusieurs réformes sectorielles sont en préparation.
Quatre portefeuilles ministériels sont concernés par le réaménagement décidé par le président de la République, le général d’armée Abdourahamane Tiani. L’annonce, rendue publique dans la soirée du mardi 15 septembre, figure dans un communiqué du Secrétariat général du gouvernement signé par Mahamane Roufai Laouali.
Le colonel Bilaly Elhadj Gambobo prend la tête du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage. Abdourahamane Oumarou est nommé ministre de la Refondation et de la Promotion des valeurs sociales. Le lieutenant-colonel Seyni Alzouma devient ministre de l’Énergie, tandis que Hamani Kargne est nommé à la Communication et aux Nouvelles Technologies de l’Information.
Remaniement au Niger : les quatre changements
Les nominations entraînent les remplacements suivants :
À l’Agriculture et à l’Élevage, le colonel Bilaly Elhadj Gambobo succède au colonel Mahaman Elhadj Ousmane.
Au ministère de la Refondation et de la Promotion des valeurs sociales, Abdourahamane Oumarou remplace Ali Ben Salah.
À l’Énergie, le lieutenant-colonel Seyni Alzouma prend la succession de la professeure Amadou Haoua.
À la Communication et aux Nouvelles Technologies de l’Information, Hamani Kargne succède à Adji Ali Salatou.
Ce remaniement au Niger renouvelle les responsables de quatre départements existants. Pour les nouveaux titulaires, la prise de fonctions ouvre une étape de suivi des réformes et des programmes engagés dans leurs secteurs respectifs.
Agriculture : Bilaly Elhadj Gambobo reprend les dossiers ouverts
Le colonel Bilaly Elhadj Gambobo arrive dans un ministère engagé dans l’élaboration d’une politique nationale d’agriculture couvrant la période 2027-2035, accompagnée d’un premier plan d’action pour 2027-2029. Le processus avait été lancé le 17 août à Niamey par son prédécesseur.
Ce chantier doit rassembler plusieurs initiatives concernant l’irrigation, la gestion durable des terres, la riziculture, la pêche et l’aquaculture. Il doit également prendre en compte le développement de l’élevage et les questions foncières rurales.
L’organisation annoncée prévoit un comité de pilotage et un comité technique, ainsi que des consultations dans les départements et les régions. L’objectif affiché est de construire une politique tenant compte des particularités des territoires et des besoins des acteurs agricoles.
Le changement de ministre intervient ainsi moins d’un mois après le lancement de ce processus. Sa poursuite, la mobilisation des contributions régionales et la préparation du plan d’action constituent des dossiers déjà ouverts dans l’administration dont Bilaly Elhadj Gambobo prend la direction. Les autorités avaient notamment mis en avant la nécessité de renforcer la résistance des producteurs aux risques climatiques et économiques.
Le défi sera de traduire ces orientations en actions accessibles aux agriculteurs et aux éleveurs : maîtrise de l’eau, appui à la production et meilleure valorisation des récoltes. La cohérence entre les priorités nationales et les besoins exprimés dans les régions sera déterminante pour donner une portée concrète à cette politique.
Énergie : Seyni Alzouma face aux projets de production
La nomination du lieutenant-colonel Seyni Alzouma intervient alors que le ministère porte plusieurs projets destinés à développer la production nationale et à renforcer les réseaux électriques.
Devant le Conseil consultatif de la Refondation, le 22 juillet, Amadou Haoua avait présenté une trajectoire visant environ 2 000 mégawatts de capacité installée à l’horizon 2035, hors programme électronucléaire. Cette ambition reposait sur un ensemble de projets hydroélectriques, thermiques, solaires et éoliens.
Kandadji, Salkadamna, les installations solaires annoncées à Gorou Banda et Bangoula ainsi que le renforcement des lignes de transport figuraient parmi les chantiers évoqués. Pour le nouveau ministre, le défi est de faire progresser ces projets vers leur réalisation. Leur financement, le respect des calendriers et le raccordement au réseau conditionneront leur apport à l’approvisionnement national.
Pour les usagers, les enjeux restent concrets : disposer d’une alimentation régulière, étendre l’accès à l’électricité et réduire la vulnérabilité du système aux interruptions d’approvisionnement. Comme l’expliquait récemment Œil du Sahel dans son dossier sur la souveraineté énergétique du Niger, le développement des centrales doit s’accompagner d’investissements dans le réseau et, pour le solaire, de solutions permettant de gérer l’intermittence de la production.
Communication : Hamani Kargne arrive en pleine réforme des médias
Hamani Kargne prend la tête du ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information cinq jours après un Conseil des ministres ayant adopté deux projets de textes concernant directement le secteur.
Le premier porte sur la presse électronique. Le gouvernement présente cette réforme comme un moyen de préciser les responsabilités des éditeurs et d’adapter la régulation aux médias numériques. Le second concerne les conditions d’exercice des correspondants de presse et l’accréditation des organes de presse étrangers.
Ces dossiers placent les relations entre les pouvoirs publics, les professionnels de l’information et l’Observatoire national de la communication parmi les sujets immédiats du nouveau ministre.
Le communiqué du Conseil des ministres expose des objectifs de professionnalisation, de responsabilité éditoriale et de protection du public. Leur traduction concrète devra être appréciée à partir des textes définitifs et des modalités retenues pour leur application. Pour les rédactions, les conditions d’exercice du métier et la préservation de la liberté d’informer constituent des enjeux essentiels de ces réformes.
Le défi de Hamani Kargne sera notamment de maintenir un dialogue avec les professionnels et de rendre les procédures compréhensibles. La lutte contre la désinformation, la responsabilité des éditeurs et la liberté de la presse devront trouver leur place dans l’application du nouveau cadre.
Refondation : Abdourahamane Oumarou face au défi de l’adhésion
Abdourahamane Oumarou succède à Ali Ben Salah au ministère de la Refondation et de la Promotion des valeurs sociales. Ce portefeuille le place au cœur des questions de participation citoyenne, de cohésion sociale et d’appropriation du processus de refondation.
L’un des enjeux sera de donner une traduction concrète aux orientations issues des Assises nationales pour la Refondation. Pour les citoyens, leur portée se mesurera à la compréhension des changements engagés et aux possibilités de prendre part à leur mise en œuvre.
Le nouveau ministre aura ainsi à relever un défi de pédagogie et de dialogue. Expliquer les réformes, entendre les attentes des différentes composantes de la société et favoriser une participation au-delà des seules mobilisations publiques constituent des pistes essentielles pour construire une adhésion durable.
La promotion des valeurs sociales pose également la question de leur traduction dans la vie collective. Solidarité, responsabilité et respect du bien commun prennent leur sens à travers des pratiques et des actions que les populations peuvent identifier. L’articulation avec les autres administrations sera donc un enjeu de ce portefeuille.
Remaniement au Niger : des attentes concrètes dans quatre secteurs
Au-delà des changements de titulaires, ce réaménagement ouvre une nouvelle étape pour des politiques qui touchent directement le quotidien : produire et se nourrir, accéder à l’électricité, participer à la vie publique et disposer d’une information fiable.
Les quatre ministres prennent la direction d’administrations où des dossiers sont déjà engagés. Leur premier défi sera d’en apprécier l’avancement, de hiérarchiser les urgences et de préciser les moyens nécessaires à leur poursuite. Le suivi des décisions et la coordination entre les services compteront autant que les nouvelles annonces.
Les passations de service et les premières prises de parole des nouveaux titulaires permettront de préciser leurs priorités. Dans chacun de ces secteurs, les attentes portent sur des résultats visibles, des calendriers compréhensibles et la capacité à répondre aux besoins des populations.



Bonne chance aux nouveaux ministres