Passeport biométrique AES au Niger : tarifs et démarches

NIGER — DOCUMENTS DE VOYAGE ET INTÉGRATION CONFÉDÉRALE

Le Niger a lancé, mardi 15 septembre 2026 à Niamey, l’enrôlement pour le passeport biométrique AES. Fixé à 45 000 FCFA au tarif ordinaire, ce nouveau document s’accompagne d’un déploiement progressif dans les régions et la diaspora. Les anciens passeports restent valables jusqu’à leur expiration, tandis qu’un service de renouvellement accéléré et des démarches en ligne sont annoncés.

Le passeport biométrique AES au Niger franchit une nouvelle étape. La cérémonie de lancement de l’enrôlement s’est tenue, mardi 15 septembre, dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (DST), sous la présidence d’Abdoul Kader Garba Moussa, secrétaire général adjoint du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire.

Dans son discours, le responsable ministériel a présenté ce lancement comme une avancée dans la modernisation des documents officiels et la construction de l’espace confédéral. Le nouveau passeport doit, selon lui, renforcer la sécurité documentaire tout en accompagnant la mobilité des citoyens.

Lors du point de presse organisé à cette occasion, le directeur de la surveillance du territoire, Abdoulaye Maman Mijinyawa, a détaillé les caractéristiques du document et répondu aux interrogations sur son prix, les délais de délivrance et le devenir des demandes déjà déposées.

Passeport biométrique AES au Niger : quels tarifs ?

Le passeport ordinaire est délivré au tarif de 45 000 FCFA. Interrogé sur cette hausse, Abdoulaye Maman Mijinyawa l’a justifiée par les caractéristiques du document et les investissements nécessaires au nouveau système de production.

La principale évolution concerne la page contenant les données du titulaire, désormais réalisée en polycarbonate. Selon le directeur de la DST, cette matière représente un coût supérieur à celui des supports utilisés précédemment. Le document intègre également des éléments de sécurité de nouvelle génération, tandis que ses pages de visa présentent des images de monuments et du patrimoine culturel nigériens.

Le responsable a précisé que le tarif contribue aussi à couvrir les investissements en équipements. Il estime que le prix reste compétitif dans la sous-région, malgré les dépenses engagées pour cette modernisation.

Un tarif réduit de 29 750 FCFA est prévu pour les mineurs et les étudiants. Le passeport spécial Hajj est, quant à lui, fixé à 45 000 FCFA.

Les anciens passeports restent valables jusqu’à leur expiration

Les titulaires d’un ancien passeport nigérien ne sont pas obligés de le remplacer immédiatement. « Ces passeports continuent à être valides jusqu’à la date de leur échéance », a précisé Abdoulaye Maman Mijinyawa, directeur de la DST.

Les personnes souhaitant obtenir le nouveau modèle avant cette échéance peuvent toutefois en faire la demande, conformément aux procédures applicables. Le changement de document ne crée donc pas une obligation générale de renouvellement anticipé.

La situation des usagers dont les dossiers sont déjà enregistrés dans l’ancien système fait l’objet d’un traitement particulier. Un groupe de travail a été mis en place pour examiner les modalités de transition, a indiqué Abdoulaye Maman Mijinyawa.

Le responsable n’a pas annoncé de calendrier précis pour le règlement de ces dossiers. Leur prise en charge constitue néanmoins l’un des enjeux immédiats du passage au nouveau système, afin d’assurer la continuité du service.

Quatre passeports et un titre de voyage pour réfugiés

Passeport biométrique AES au Niger : spécimens ordinaire, de service, diplomatique, spécial Hajj et titre de voyage pour réfugiés
Les cinq documents de voyage AES du Niger : passeports ordinaire, de service, diplomatique et spécial Hajj, ainsi que le titre de voyage pour réfugiés. Crédit : RTN — image retouchée.

Le dispositif comprend cinq catégories de documents : le passeport ordinaire, le passeport diplomatique, le passeport de service, le passeport spécial Hajj et le titre de voyage pour réfugiés.

Le passeport ordinaire s’adresse au grand public. Le passeport diplomatique est destiné aux personnalités habilitées, tandis que le passeport de service répond notamment aux besoins des agents de l’État effectuant des missions officielles.

Le titre de voyage pour réfugiés constitue une catégorie distincte des passeports délivrés aux citoyens nigériens. Dans son discours, le secrétaire général adjoint a précisé que chaque document répond à une finalité particulière, dans le respect des dispositions réglementaires qui lui sont applicables.

L’une des nouveautés présentées concerne le passeport spécial Hajj, destiné aux candidats au pèlerinage et à la Omra. Selon le directeur de la DST, ce document permettra de bénéficier de procédures adaptées à ces déplacements.

Sa validité est de deux ans et il comporte 18 pages de visa. Son utilisation est limitée aux voyages vers le royaume d’Arabie saoudite. Ces caractéristiques concernent le passeport spécial Hajj et ne doivent pas être confondues avec celles du passeport ordinaire.

Enrôlement : Niamey, puis les régions et la diaspora

Le nouveau dispositif d’enrôlement biométrique est déployé dans un premier temps à Niamey. Son installation dans les régions constitue la prochaine étape, avant son extension à la diaspora, notamment dans certaines ambassades.

Abdoulaye Maman Mijinyawa a assuré que les demandes provenant des régions et de l’étranger continueront, en attendant, à être prises en charge suivant les procédures existantes. L’installation des kits biométriques doit ensuite faciliter la capture des données et le traitement des dossiers au plus près des demandeurs.

Aucune échéance précise n’a été communiquée pour l’achèvement de ces différentes phases.

Pour Abdoul Kader Garba Moussa, cette progression doit tenir compte des capacités opérationnelles des services et des besoins des citoyens. Il a insisté sur l’attention à accorder aux personnes résidant hors de Niamey et aux Nigériens établis à l’étranger.

Quelles pièces fournir pour le passeport biométrique AES au Niger ?

Lors du point de presse, le directeur de la DST a énuméré les principales pièces nécessaires : un formulaire de demande rempli et signé, une copie de la carte nationale d’identité en cours de validité, une copie légalisée de l’acte de naissance et une copie légalisée du certificat de nationalité.

Des justificatifs supplémentaires sont requis selon la situation du demandeur. Pour les mineurs, une autorisation parentale signée par le parent ou le tuteur légal peut être demandée. Les personnes naturalisées doivent fournir les documents établissant l’acquisition de la nationalité.

Un certificat de mariage peut également être exigé pour les femmes souhaitant porter le nom de leur époux.

Le directeur a particulièrement insisté sur la qualité des pièces d’état civil. Leur régularité, leur cohérence et leur lisibilité conditionnent le traitement du dossier. Les documents comportant des surcharges ou des informations discordantes peuvent entraîner un rejet et prolonger les démarches.

Les délais de délivrance restent un enjeu central

Questionné sur les difficultés rencontrées ces derniers mois, Abdoulaye Maman Mijinyawa a évoqué trois facteurs : les périodes de forte demande, la disponibilité des imprimés vierges et les insuffisances constatées dans les dossiers.

Il a reconnu que la transition entre les deux modèles de passeport avait été marquée par une baisse significative du stock d’imprimés, avec des conséquences sur les délais de traitement.

Selon lui, les services prennent des dispositions pour mieux absorber les demandes et assurer la disponibilité des supports. Il a néanmoins souligné que les irrégularités dans les pièces déposées restent une cause importante de ralentissement.

Malgré une question précise des journalistes, le directeur n’a pas fixé de délai moyen de délivrance pour la procédure ordinaire. Pour les usagers, la réduction de l’attente demeure donc l’un des principaux résultats attendus de cette modernisation.

Le responsable a également rappelé que les vérifications documentaires visent à préserver la crédibilité du passeport nigérien et à prévenir les tentatives de fraude.

Un renouvellement en 48 heures annoncé à 90 000 FCFA

La DST prévoit une procédure facultative dite « premium », permettant un traitement accéléré en 48 heures maximum, au tarif annoncé de 90 000 FCFA.

Abdoulaye Maman Mijinyawa a insisté sur une restriction : cette prestation concernera uniquement les renouvellements, et non les premières demandes.

Le directeur a présenté ce service comme une possibilité offerte aux usagers souhaitant renouveler rapidement leur document. Sa date de mise en service et ses modalités détaillées n’ont pas été précisées lors du point de presse.

Cette annonce ne correspond donc pas à un délai généralisé à l’ensemble des demandes de passeport.

Le pré-enrôlement et le paiement en ligne en préparation

Une procédure de pré-enrôlement en ligne figure également parmi les prochaines étapes. Elle doit permettre aux usagers de renseigner leur demande, de transmettre leurs pièces d’état civil et d’effectuer leur paiement à distance.

La présence physique restera nécessaire pour l’enrôlement biométrique. L’objectif annoncé est de réduire le temps consacré aux formalités sur place et d’améliorer la fluidité du parcours des demandeurs.

Le directeur de la DST a aussi évoqué le recours aux services de paiement mobile, ainsi que l’intégration progressive d’autres moyens de paiement électronique. Aucun calendrier précis d’ouverture du pré-enrôlement en ligne n’a été annoncé.

La sécurité du document et la qualité du service au cœur des attentes

Pour les autorités, le passeport biométrique AES doit conjuguer intégration confédérale, sécurité et amélioration du service public.

Abdoul Kader Garba Moussa a expliqué que le document associe des données biographiques et biométriques à des dispositifs destinés à renforcer son authenticité et sa fiabilité. Il a affirmé que ses caractéristiques s’inscrivent dans les exigences internationales applicables aux documents de voyage, notamment celles de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

Sur son utilisation à l’étranger, le directeur de la DST a indiqué que des spécimens avaient été transmis, par l’intermédiaire du ministère des Affaires étrangères, aux pays partenaires et aux organisations internationales.

Au-delà des caractéristiques techniques, le secrétaire général adjoint a demandé aux services de renforcer l’information du public sur les tarifs, les pièces à fournir, les lieux d’enrôlement et les modalités de retrait. « Je rappelle également que les demandes doivent être traitées dans le respect des règles établies, avec équité, transparence et professionnalisme », a déclaré Abdoul Kader Garba Moussa.

Le lancement ouvre ainsi une phase de mise en œuvre dont les résultats seront particulièrement attendus sur trois points : le traitement des dossiers en instance, l’accès au service dans les régions et à l’étranger, et la maîtrise des délais de délivrance.

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