NIGELEC : la panne d’interconnexion dure depuis 1 mois

Électricité au Niger

Un mois après l’interruption de la ligne d’interconnexion alimentant la Zone Fleuve, la NIGELEC annonce que les travaux sont en phase de finition sur le tronçon nigérian Kainji–Birnin Kebbi. En attendant le retour de l’approvisionnement extérieur, Niamey, Dosso et Tillabéri restent soumis à un délestage rotatif, sans date précise de rétablissement complet.

Panne d’interconnexion NIGELEC : techniciens devant des pylônes endommagés à Birnin Kebbi

La panne d’interconnexion de la NIGELEC affectant l’approvisionnement électrique de la Zone Fleuve se prolonge. Dans un communiqué publié le 26 septembre 2026, la Société nigérienne d’électricité fait le point sur les opérations engagées depuis l’effondrement de plusieurs pylônes des lignes reliant le Niger et le Nigeria.

Selon l’entreprise, l’interconnexion était toujours indisponible un mois après le premier incident du 26 août.

Cette panne d’interconnexion oblige la NIGELEC à maintenir un programme de délestage rotatif dans la Zone Fleuve. Celle-ci couvre principalement les régions de Niamey, Dosso et Tillabéri.

Les centrales thermiques et solaires locales assurent actuellement la desserte électrique, « dans la limite des moyens disponibles », précise la société. Leur production ne permet donc pas de couvrir continuellement l’ensemble de la demande.

La ligne de 132 kV réparée depuis le 16 septembre

Le premier incident s’est produit le 26 août 2026 avec l’effondrement de trois pylônes de la ligne d’interconnexion de 132 kilovolts.

La NIGELEC indique que ses techniciens, mobilisés aux côtés de ceux de son partenaire, ont achevé les travaux de remise en état de cette ligne le 16 septembre. Ce rétablissement technique n’a cependant pas permis la reprise normale de la fourniture d’électricité.

L’alimentation de la ligne de 132 kV dépend en effet d’autres infrastructures situées en amont sur le réseau nigérian. La réparation des trois pylônes ne suffisait donc pas, à elle seule, pour rétablir les importations d’électricité vers la Zone Fleuve.

Cette architecture explique pourquoi les délestages se poursuivent malgré la fin des travaux annoncée sur la première ligne.

Un second pylône s’est effondré au Nigeria

La panne d’interconnexion s’est aggravée le 7 septembre. Un autre pylône s’est effondré sur la ligne de 330 kilovolts reliant Kainji à Birnin Kebbi, au Nigeria.

La NIGELEC précise que ses propres équipes n’interviennent pas directement sur ce tronçon. Les travaux sont conduits par les équipes de son partenaire, dont le nom n’est pas mentionné dans le communiqué.

Selon la NIGELEC, des pylônes d’urgence ont été déployés et les opérations sont « en phase de finition ».

La société ne donne toutefois aucune date pour la fin des travaux. Elle ne précise pas non plus le calendrier des essais techniques ni celui de la reprise du transit électrique vers le Niger.

Le délai initial de réparation était estimé à deux semaines. Il a été dépassé. La NIGELEC l’explique par trois facteurs : l’effondrement du nouveau pylône de 330 kV, l’insécurité dans la zone et les difficultés d’acheminement des équipements.

La société ne fournit pas davantage de précisions sur la nature de l’insécurité évoquée ni sur les contraintes rencontrées par les équipes sur le territoire nigérian.

Les centrales locales sollicitées en continu

En attendant la remise en service de l’interconnexion, la NIGELEC affirme maintenir ses équipes mobilisées 24 heures sur 24.

L’entreprise indique gérer un délestage rotatif, effectuer des maintenances régulières sur les infrastructures de production et mener des interventions continues sur le réseau de distribution.

Ce système répartit l’électricité disponible entre les différents secteurs de la Zone Fleuve. Les interruptions restent néanmoins répétées. Leur durée varie selon la production, les incidents techniques et la demande sur le réseau.

Dans son point du 26 septembre, la NIGELEC ne précise pas la production actuelle des centrales locales. Elle ne chiffre ni le déficit ni le taux moyen de desserte de la Zone Fleuve. Aucun calendrier détaillé de délestage n’accompagne le communiqué.

L’entreprise présente ses excuses aux abonnés et remercie sa clientèle pour sa patience, sa compréhension et son soutien.

Panne d’interconnexion NIGELEC : une vulnérabilité ancienne

La crise actuelle rappelle le poids historique de la liaison électrique avec le Nigeria. La ligne de 132 kV entre Birnin Kebbi et Niamey est entrée en service en 1976. Elle a longtemps fourni au Niger une électricité moins coûteuse que celle des centrales thermiques au diesel. Au fil des décennies, cette solution est devenue un pilier de l’approvisionnement de la Zone Fleuve.

Les données des années antérieures montrent l’ampleur de cette dépendance, sans décrire exactement la situation de 2026. En 2017, environ 74 % de l’électricité disponible au Niger provenait encore du Nigeria. En 2022, les importations représentaient autour de 71 % de l’approvisionnement national. Depuis, de nouvelles installations thermiques et solaires ont renforcé les capacités locales. Mais l’épisode actuel montre qu’une défaillance du réseau interconnecté provoque encore un déficit difficile à absorber.

Une interconnexion stratégique pour la Zone Fleuve

La ligne Birnin Kebbi–Niamey constitue historiquement l’une des principales voies d’approvisionnement électrique du Niger. Les documents du West African Power Pool recensent une liaison de 132 kV entre Birnin Kebbi et Niamey, sur une distance d’environ 252 kilomètres.

Cette panne d’interconnexion montre l’effet immédiat des incidents survenus du côté nigérian. Quand l’approvisionnement extérieur s’arrête, les centrales nationales doivent prendre le relais. Elles sont principalement thermiques et solaires, et fonctionnent alors dans des conditions plus contraignantes.

La Banque mondiale présente d’ailleurs les importations nigérianes comme une source historiquement importante pour l’approvisionnement du Niger, tandis que la production thermique locale reste plus coûteuse.

Cette panne intervient alors que la question de la souveraineté énergétique du Niger occupe une place croissante dans le débat public. L’interconnexion régionale peut réduire les coûts et compléter les réseaux nationaux. Elle devient cependant une vulnérabilité lorsque les moyens de remplacement ne couvrent pas les besoins essentiels.

La NIGELEC affirme que les travaux sur la ligne de 330 kV sont proches de leur achèvement. La panne d’interconnexion reste toutefois sans date confirmée de résolution. Les abonnés de Niamey, Dosso et Tillabéri doivent donc s’attendre au maintien des délestages.

Transparence éditoriale : les informations relatives à l’état des travaux, au déploiement des pylônes d’urgence et aux contraintes sécuritaires proviennent du communiqué de la NIGELEC. Au moment de la rédaction, elles n’étaient pas accompagnées d’un communiqué public récent du partenaire nigérian permettant de les vérifier indépendamment.

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