Une campagne du projet SWEDD+ consacrée à l’entrepreneuriat féminin a été lancée le 10 octobre 2026 à Koudougou. Prévue jusqu’au 29 octobre dans dix communes de trois régions, elle vise 6 000 bénéficiaires, 3 000 kits d’installation et une vaste sensibilisation. Ces chiffres sont des objectifs annoncés, non des résultats acquis.
La campagne de communication « Pagb yidgr sooré » a été lancée samedi 10 octobre à Koudougou pour promouvoir l’autonomisation économique des femmes. Selon l’Agence d’information du Burkina, l’opération doit se poursuivre jusqu’au 29 octobre dans les régions du Nando, du Yaadga et du Koulsé.
Dix communes sont annoncées dans le programme : Koudougou, Kokologho et Réo dans le Nando ; Ouahigouya, Oula, Gourcy et Yako dans le Yaadga ; Kaya, Korsimoro et Boussouma dans le Koulsé.
L’initiative s’inscrit dans le projet SWEDD+, consacré à l’autonomisation des femmes et au dividende démographique en Afrique subsaharienne. L’AIB indique que le dispositif est financé par la Banque mondiale, avec l’appui technique du Fonds des Nations unies pour la population. Sa mise en œuvre au Burkina Faso associe le Programme d’appui au développement sanitaire et plusieurs départements ministériels.
Des cibles annoncées, pas encore des résultats
Lors du lancement, le coordonnateur du projet, Michel Ouaba, a présenté plusieurs objectifs. À terme, le dispositif vise 6 000 bénéficiaires et la distribution de 3 000 kits d’installation. La campagne ambitionne aussi de sensibiliser au moins deux millions de personnes aux possibilités d’accompagnement, aux formations et aux mécanismes de soutien.
Ces volumes ne correspondent pas à un bilan atteint. Ils décrivent les cibles annoncées par les responsables du projet. La période exacte couverte par chaque indicateur, les critères de sélection des bénéficiaires, la composition des kits et leur calendrier de distribution ne sont pas précisés dans la source consultée.
L’agence publique rapporte par ailleurs que plus de 1 500 filles et femmes auraient déjà suivi des formations modulaires qualifiantes. Les métiers cités comprennent notamment la fabrication et la pose de pavés, la peinture et le carrelage. Ce nombre reste attribué au projet, en l’absence d’un tableau détaillant les sessions, les participantes et les lieux.
Formation, financement et accès aux services
Le programme prévoit des formations sur les techniques de production, de transformation, de conservation et de commercialisation des produits nationaux. Il annonce également la mobilisation de 360 leaders coutumiers et religieux, de 2 000 membres des communautés et de dix institutions financières.
La campagne comprend aussi un volet sanitaire. D’après les organisateurs cités par l’AIB, des dépistages gratuits du VIH, des hépatites et des lésions précancéreuses du col de l’utérus sont prévus. La source ne précise pas encore le calendrier, les structures de santé mobilisées ni les conditions d’accès à ces prestations.
Les femmes minoritaires parmi les créateurs d’entreprises
Les responsables ont justifié la campagne par des données attribuées aux Centres de formalités des entreprises. Sur 22 829 entreprises créées au Burkina Faso en 2024, 4 742 l’auraient été par des femmes, soit 20,77 %. Le calcul arithmétique correspond à cette proportion.
La définition d’une entreprise « créée par une femme », le périmètre couvert par les CEFORE et la méthode de consolidation nationale doivent toutefois être vérifiés dans la publication statistique originale. Les difficultés d’accès au financement et au foncier évoquées pendant la cérémonie constituent une explication avancée par le coordonnateur, et non une causalité démontrée par les seules données présentées.
Le suivi de la campagne devra donc distinguer les personnes sensibilisées, les bénéficiaires effectivement formées, les kits réellement remis et les activités économiques durablement lancées.


