Énergie
Le Conseil des ministres du Mali a adopté, le 9 octobre 2026, deux projets de décret relatifs à l’efficacité énergétique. Le premier porte sur l’étiquetage des lampes électriques et des appareils électroménagers neufs ; le second fixe un cadre pour l’efficacité énergétique dans la construction des bâtiments.
Ces textes visent à transposer des directives adoptées par l’Union économique et monétaire ouest-africaine en 2020. Leur adoption par le gouvernement ne signifie toutefois pas que toutes les règles sont déjà applicables. Les textes définitifs, leur publication, leur date d’entrée en vigueur et leurs modalités de contrôle doivent encore être documentés.
Des étiquettes pour informer les acheteurs
Le premier projet prévoit un dispositif d’étiquetage permettant d’indiquer la performance énergétique des lampes et des appareils électroménagers neufs. Selon le ministère malien de l’Énergie et de l’Eau, l’objectif est de mieux informer les consommateurs et de faciliter le choix d’équipements moins gourmands en électricité.
Le gouvernement présente aussi le dispositif comme un moyen d’écarter progressivement les équipements les plus énergivores. Cette finalité reste un objectif réglementaire : la liste précise des appareils concernés, les classes de performance, les méthodes de test, les obligations des importateurs et vendeurs, ainsi que les périodes transitoires ne figurent pas dans la communication consultée.
L’efficacité du système dépendra notamment de la fiabilité des étiquettes, des contrôles à l’importation et sur le marché, et de l’accès des consommateurs à une information compréhensible. Le texte disponible ne permet pas encore de déterminer les institutions qui assureront ces vérifications ni les sanctions applicables en cas d’étiquetage absent ou trompeur.
Des exigences pour la construction et la rénovation
Le second projet de décret concerne l’efficacité énergétique des bâtiments. Le ministère indique que les mesures doivent intégrer davantage d’exigences de performance dans les constructions nouvelles et dans les bâtiments concernés par des travaux de rénovation.
Le résumé gouvernemental mentionne l’isolation, la climatisation et l’éclairage parmi les domaines visés. Les seuils techniques, les catégories de bâtiments, le processus de certification, les responsabilités des maîtres d’ouvrage et les modalités de contrôle restent à préciser dans les textes publiés.
Ces exigences peuvent agir sur la demande d’électricité en réduisant les besoins liés au refroidissement et à l’éclairage. Le gouvernement les inscrit dans une politique de maîtrise de l’énergie et affirme qu’elles doivent contribuer à limiter le gaspillage et les dépenses d’électricité des ménages et des entreprises. Aucun chiffre d’économie attendue ni modèle d’impact n’est fourni dans les sources consultées.
Une transposition du cadre communautaire
L’UEMOA présente les deux directives communautaires comme un cadre commun pour l’étiquetage des appareils et les exigences minimales de performance énergétique des bâtiments.
La transposition nationale doit permettre au Mali d’adapter ce cadre à son droit interne. Pour les consommateurs, importateurs, commerçants, constructeurs et professionnels du bâtiment, les changements concrets dépendront du champ exact des décrets et du calendrier retenu.
En l’état, la décision du 9 octobre marque une étape normative. Elle ne permet pas encore d’affirmer que les nouvelles étiquettes sont présentes sur le marché, que les bâtiments sont contrôlés selon les nouvelles normes ou que des économies ont déjà été réalisées.


