Niger : trois mois pour organiser l’apurement des dettes pétrolières

Installé le 12 octobre 2026 sous la présidence du Premier ministre, un comité technique doit préparer en trois mois l’apurement des dettes entre l’État et plusieurs acteurs du secteur pétrolier. Il doit aussi suivre les stocks, soutenir la production de la SORAZ et prévenir les ruptures, sans que les montants des créances aient été publiés.

Le gouvernement nigérien a installé un comité technique chargé de traiter les difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers et les dettes accumulées dans la chaîne du secteur. La cérémonie s’est tenue le 12 octobre 2026 au cabinet du Premier ministre, Mahaman Ali Lamine Zeine, qui préside le dispositif.

Selon les missions rapportées par l’Agence Nigérienne de Presse, le comité doit agir sur trois fronts : la disponibilité du gasoil, du super et du gaz de pétrole liquéfié, la production de la Société de raffinage de Zinder et l’apurement des dettes entre l’État et les principaux opérateurs.

Illustration générée par IA : réservoirs pétroliers, camions-citernes et dossiers symbolisant les dettes pétrolières au Niger
Représentation illustrative des enjeux d’approvisionnement et d’apurement des dettes pétrolières au Niger. Il ne s’agit pas d’une photographie d’un site réel. Crédit : Illustration générée par intelligence artificielle — Œil du Sahel.

Des dettes à actualiser avant leur apurement

Les travaux concernent notamment l’État, la Société nigérienne des produits pétroliers, la Société nigérienne d’électricité, la SORAZ et China National Petroleum Corporation Niger Petroleum.

Le comité doit reprendre les créances et dettes examinées par une précédente structure créée par l’arrêté n° 0110/MEF/SG du 7 avril 2026. Il est chargé d’actualiser ces données, d’étendre le périmètre à la SORAZ et à CNPC Niger Petroleum, puis de faire auditer les montants qui le nécessitent.

Un plan d’apurement doit être élaboré et suivi sur trois mois. D’après la présentation officielle, la priorité ira d’abord à la dette de l’État envers la SONIDEP, puis à celle de la SONIDEP envers la SORAZ. Le comité devra aussi proposer des mécanismes empêchant la formation de nouveaux arriérés.

La source disponible ne précise cependant ni le montant total des dettes, ni leur ancienneté, ni les créances contestées. Elle ne détaille pas non plus le financement du plan d’apurement. Ces données seront déterminantes pour évaluer la portée réelle du dispositif.

Une cible de 20 000 barils par jour pour la SORAZ

Le comité reçoit également pour mission d’accompagner une hausse progressive du traitement de la SORAZ, de 15 000 à 20 000 barils par jour. Cet objectif doit être poursuivi avec CNPC Niger Petroleum, notamment pour garantir les livraisons de brut et lever les contraintes techniques, financières et contractuelles mentionnées par les autorités.

Il s’agit d’une cible gouvernementale, non d’une capacité déjà atteinte. Aucun calendrier précis de montée en charge ni volume de brut garanti n’est fourni dans l’article de l’ANP.

Le suivi doit aussi porter quotidiennement sur les stocks, les livraisons de la raffinerie, les importations et les ruptures par localité. Un programme d’approvisionnement couvrant trente jours devrait être révisé chaque semaine, avec une répartition des volumes par dépôt.

Prix à la pompe, électricité et stocks de sécurité

Dans le cadre du maintien annoncé des prix à la pompe, le comité devra proposer un mécanisme de compensation des écarts liés aux importations. Le coût de cette compensation et son mode de financement ne sont pas précisés.

Pour la NIGELEC, il est prévu un programme de livraison de gasoil et une réserve dédiée dans le stock national. Le comité doit aussi examiner un changement de combustible pour réduire la dépendance des centrales thermiques au gasoil. Les options citées comprennent, à court terme, des importations de gaz ou de fioul via l’Algérie et, à moyen terme, l’utilisation du gaz associé du bassin d’Agadem.

Le dispositif devra enfin préparer l’approvisionnement du pays avant la grande maintenance de la SORAZ annoncée pour 2027. Les autorités visent des réserves de sécurité équivalentes à 45 jours, notamment par la construction de nouveaux dépôts. La capacité actuelle de stockage n’est toutefois pas indiquée.

Trois mois pour le plan, douze mois pour le comité

Le délai de trois mois concerne le plan d’apurement des dettes. Le comité, lui, est créé pour douze mois et pourra être prorogé jusqu’à la fin de la maintenance de la SORAZ et au retour à une situation d’approvisionnement jugée normale.

Quatre sous-comités doivent travailler sur les produits de la SORAZ, les dettes et le financement, l’approvisionnement et la distribution, ainsi que le contrôle et la lutte contre la fraude. Le dispositif doit remettre au Premier ministre un rapport sur les obstacles affectant la chaîne pétrolière et proposer des mesures correctives.

L’efficacité de cette réponse dépendra désormais de la publication des montants, du calendrier des paiements, des niveaux de stocks et des résultats de production. En leur absence, la création du comité constitue une mesure de coordination, mais ne démontre pas encore la résolution des pénuries ou des contraintes financières.

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