Pourquoi l’ARCEP met-elle en demeure les opérateurs de téléphonie mobile au Niger ?

Pourquoi l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP) a-t-elle décidé de frapper du poing sur la table en ce mois de juin 2026? Pourquoi les géants de la téléphonie mobile Moov Africa Niger et Celtel Niger (Airtel) se retrouvent-ils sous le coup de décisions de mise en demeure publiques et officielles? Derrière ces questions se cache une réalité technique alarmante que l’autorité de régulation a décidé de révéler au grand jour après une campagne de contrôle rigoureuse menée du 10 avril au 13 mai 2026 à Niamey. L’objectif de cette enquête était simple : vérifier si ces opérateurs respectaient les indicateurs réglementaires de qualité de service et de couverture fixés par la décision d’origine de décembre 2021. Si la couverture globale de Niamey s’avère conforme aux exigences, les performances réelles des réseaux voix et internet, elles, posent un sérieux problème. Qu’est-ce qui cloche exactement sur les réseaux de nos opérateurs ?

Le réseau Voix : pourquoi est-il si difficile de passer un appel stable ?

Avez-vous remarqué que vos appels coupent ou échouent régulièrement ? Les mesures de l’ARCEP confirment scientifiquement ce ressenti quotidien, en particulier pour les indicateurs de taux de perte d’appels qui ne devraient pas dépasser le seuil réglementaire de 5 %:

 

    • Moov Africa Niger SA : Pourquoi l’opérateur affiche-t-il un taux de perte de 6,09 % en 2G et de 7,69 % en 3G? Ce dépassement des seuils réglementaires explique la difficulté des abonnés à initier ou maintenir une communication stable.

    • Celtel Niger SA (Airtel) : Comment expliquer que son taux de perte d’appels en 2G s’envole à 82,20 %? En outre, l’ARCEP note que l’opérateur échoue à fournir un taux d’appels de bonne qualité vocale (mesuré par le score MOS), qui s’établit bien en dessous du seuil minimal requis de 90 % en 2G.

Internet mobile (Data 3G/4G) : où est passée la connexion ?

Si le service SMS affiche une conformité irréprochable de 100 % chez les deux opérateurs, le bât blesse profondément dès qu’il s’agit de naviguer sur Internet ou d’échanger des fichiers. Les seuils réglementaires imposent un taux de succès d’accès à Internet et de transfert de fichiers d’au moins 95 %. Les résultats mesurés à Niamey sont pourtant édifiants :

 

    • Des taux de connexion au plus bas : Moov Africa affiche un taux de succès d’accès au web de seulement 32,84 % en 3G et un incroyable 0,00 % en 4G! De son côté, Celtel Niger ne fait guère mieux avec 47,50 % de réussite en 3G.

    • Un partage de fichiers devenu impossible : Pour l’envoi de fichiers, Moov stagne à 23,64 % (3G) et 4,26 % (4G), tandis que le taux de succès de téléchargement s’effondre à 3,12 % en 4G. Celtel enregistre également des taux de succès insuffisants de 79,17 % pour l’envoi et 81,79 % pour le téléchargement en 3G.

Quelles sont les conséquences légales pour ces opérateurs ?

Face à ce constat de défaillance caractérisée, l’ARCEP a utilisé les prérogatives de sanction que lui confère la loi nationale. En vertu des décisions N° 008 et N° 010 signées le 10 juin 2026, Moov Africa Niger et Celtel Niger sont officiellement mis en demeure de se conformer à l’ensemble des indicateurs de qualité de service. Les opérateurs disposent donc d’un délai strict d’un mois à compter de la notification des décisions pour corriger ces anomalies techniques et rehausser la qualité de leur réseau à Niamey. Passé ce délai, et si les manquements persistent, l’autorité de régulation pourra appliquer des sanctions financières et administratives encore plus lourdes. Les semaines à venir nous diront si cette mise en demeure aura suffi à faire réagir les opérateurs pour le bien-être des consommateurs nigériens.

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